Toxicité de l’eau ozonée

F. Testud Archives des Maladies Professionnelles et de l’ Environnement, 2008, Vol.69, N°4, pages 632-633

L’ozonation est une technique de désinfection/stérilisation de l’eau qui se répand dans l’industrie agroalimentaire (conservation et désinfection des fruits et légumes, des poissons, ralentissement du processus de maturation des fruits), la production d’eau potable, le traitement des circuits des tours de refroidissement, le blanchiment des textiles et de la pâte à papier, le traitement de l’eau des piscines. L’ozone est un très puissant biocide de spectre très large, allant des virus aux protozoaires.

C’est aussi un puissant oxydant induisant des radicaux libres oxygénés cytotoxiques. La VME (valeur moyenne d’exposition sur une durée de 8 h) de l’ozone est de 0,1 ppm et la VLE (valeur limite d’exposition sur une durée maximum de 15 minutes) de 0,2 ppm. Les premiers signes irritatifs apparaissent entre 0,1 et 0,3 ppm, une dyspnée survient au delà de 1 ppm et un œdème pulmonaire lésionnel est possible dès 5 ppm.

Dans l’industrie agroalimentaire, des concentrations de 2 ppm sont généralement mises en œuvre, avec des temps de contact de quelques minutes. Selon les spécialistes, une teneur de 0,5 ppm dans l’eau est suffisante pour produire des concentrations dépassant la VME, voire la VLE au dessus du liquide. La mesure de l’ozone dans l’air doit être pratiquée avec un appareil de type capteur à semi-conducteur, susceptible de détecter au moins 0,05 ppm. En l’absence de détection d’ozone dans l’atmosphère de travail et de toute plainte du personnel, le risque sanitaire n’est pas significatif.

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(publié le 6 janvier 2009)