Toxicité de l’étain et de ses dérivés

J-D. Dewitte, R. Pougnet, M. Eniafe-Eveillard, B. Loddé Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2010, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 16-002-E-30, 7 p. Bibliographie
Les sources d’exposition dans le domaine professionnel sont industrielles (métallurgie, étamage électrolytique, verrerie), médicales et chirurgicales.
La soudure à l’étain plomb expose surtout aux fumées de colophane.
Les composés organiques de l’étain sont de plus en plus utilisés, en lien avec leurs propriétés antiparasitaires ou antimicrobiennes.
Les dérivés trialkylés sont les substances actives des xyloprotecteurs ainsi que des peintures marines antisalissures, dites "antifouling" (dorénavant interdites en raison de leurs dangers pour le milieu aquatique). Cependant ces dérivés ont fait leur apparition dans l’impression des billets de banque en euros ou encore dans les écrans LCD.
L’exposition de la population générale provient essentiellement de l’alimentation, en constante diminution depuis la généralisation du vernissage intérieur des boîtes de conserves et l’apparition de canettes en aluminium. Par contre, en ce qui concerne les organoétains, la source principale est constituée par les poissons et autres produits de la mer.
Après sa pénétration dans l’organisme, l’étain se concentre essentiellement au niveau des reins, du foie et de os et s’accumule principalement dans les poumons. L’élimination se fait surtout par voie urinaire.
En ce qui concerne la toxicité humaine, des cas d’intoxication alimentaire ont été décrits en pathologies humaines pour l’étain et ses dérivés minéraux ; et au plan respiratoire, une pneumoconiose de surcharge (la stannose) se rencontre chez les mineurs d’étain après 10 à 15 ans d’exposition par inhalation. Des manifestations d’irritation, tant cutanées que respiratoires sont également connues pour ses dérivés. Une toxicité neurologique a été rapportée secondairement à l’utilisation de dérivés organostanniques.
Il n’existe aucune réglementation particulière concernant la surveillance médicale des ouvriers manipulant ces composés. Le suivi médical doit guetter l’apparition de signes d’irritation et pour les organostanniques, des troubles nerveux et cutanés. Un dosage urinaire de l’étain peut permettre d’évaluer la contamination par les organostanniques, mais aucun indice biologique n’est actuellement défini pour les travailleurs exposés.
La prévention consiste à éviter les contacts avec la peau et les muqueuses, ainsi que l’inhalation du produit concerné. Il est indispensable d’imposer le port de vêtements de travail, de gants en PVC, de bottes et lunettes de protection en particulier pour la manipulation des organostanniques surtout les trisubstitués.
(publié le 9 novembre 2010)