Estimation du potentiel cancérogène des huiles minérales entières dans l’industrie du décolletage

J. Venjean, J-S. Barbotin, M. Rodriguez, B. Barnavol, M. Vellay, C. Berlier, F. Bougaud, C. Legras, V. Cuisse Peduzzi, F. Jorat, C. Schevaque Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2018, vol.79, n°5, pp.633-638. Références
Des cancers cutanés ont été décrits par le passé dus à la présence d’hydrocarbures polycycliques (HAP) dans les huiles de coupe entières. Si actuellement le risque est faible avec les huiles neuves qui contiennent peu de HAP, dans la plupart des cas, il n’y a pas de renouvellement total de l’huile et des rajouts sont faits régulièrement. Ces huiles qui sont utilisées pendant des années, s’enrichissent en HAP dont le benzo[a]pyrène (BaP).
Afin d’évaluer le potentiel cancérogène des huiles de coupe minérales en cours d’utilisation, il a été mesuré le benzo[a]pyrène (BaP) dans l’huile usagée, selon la méthode de référence de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), de même que 15 autres HAP.
99 échantillons ont été réalisés dans 99 entreprises.
15% des échantillons ont une teneur en BaP au dessus du seuil de 100 µg/kg, à ne pas dépasser pour les huiles usagées.
Mais sur les 59 échantillons ayant une teneur en BaP inférieure à 30 µg/kg, 30 contiennent au moins un des trois HAP cancérogènes dont le D(a,h)A [dibenzo(a,h) anthracène], le BaA [benzo(a)anthracène] ou le BbF [benzo(b)fluoranthène].
C’est ainsi que certaines huiles avec un indice faible de BaP pourraient avoir un potentiel cancérogène non négligeable.
En prévention, les auteurs suggèrent un dosage annuel du BaP et des autres HAP et un dépassement nécessiterait un renouvellement de l’huile.
Des études complémentaires s’avèrent nécessaires pour établir des valeurs seuils pour le BbF et le BaA.
(publié le 11 janvier 2019)