Exposition aux émissions de moteurs Diesel ou à essence sur le lieu de travail et cancer colorectal

L. Nicole-Mir Environnement Risques et Santé, 2017, vol.16, n°1, pp. 26-27

Une étude cas-témoins a été réalisée au Canada afin d’examiner le lien entre exposition professionnelle aux gaz d’échappement et le risque de cancer colorectal, des travaux antérieurs ayant suggéré une telle association.

L’analyse utilise les données du réseau de surveillance nationale des cancers collectées entre 1994 et 1997. 1771 cas de cancer colorectal ont été étudiés (931 cancers du côlon et 840 cancers du rectum) et 1360 témoins appariés sur l’âge et diagnostiqués après l’âge de 40 ans.
L’exposition probable ou certaine aux émissions de moteurs diesel à un moment quelconque de la carrière professionnelle concernait 638 cas et 491 témoins et l’exposition aux moteurs à essence 814 cas et 577 témoins. L’évaluation a aussi été évaluée en termes de niveau (faible, moyen ou élevé) et de fréquence (en pourcentage du temps de travail).
" L’exposition quelle qu’elle soit, n’est pas associée à un excès de risque de cancer colorectal (OR respectifs égaux à 0,88 [IC95 : 0,74-1,06] pour les émissions diesel et 1,1 [0,93-1,31] pour les émissions essence). Les résultats sont similaires quand les cancers du côlon et du rectum sont considérés séparément. En revanche, un effet d’une exposition importante aux émissions diesel est mis en évidence, plus particulièrement sur le cancer rectal. Les OR pour un niveau de concentration de gaz et particules diesel élevé (versus un niveau de fond) sont ainsi égaux à 1,65 (0,98-2,80) pour le cancer colorectal, à 1,35 (0,72-2,54) pour le cancer du côlon et à 1,98 (1,09-3,60) pour celui du rectum, seul résultat statistiquement significatif à partir de 29 cas et 25 témoins exposés. Les estimations correspondantes pour une durée d’exposition à un niveau élevé de plus de 10 ans, sont : 1,90 (0,85-4,23) ; 1,34 (0,51-3,55) et 2,33 (0,94-5,78). Aucune influence de l’exposition aux émissions des moteurs à essence n’est observée.
Ces résultats combinés à l’absence de tendance "dose-réponse" suggèrent que les émissions diesel pourraient augmenter le risque de cancer rectal dans certaines situations exposant de manière prolongée à des concentrations élevées, comme le travail dans une mine souterraine où s’activent divers engins de chantier".

(publié le 24 mars 2017)