Exposition des salariés à de multiples nuisances cancérogènes en 2010

N. Fréry, F. Moisan, Y. Schwaab, R. Garnier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2017, n°13, pp. 233-249

L’enquête SUMER (Surveillance médicale des salariés aux risques professionnels) 2009-2010 a porté sur un échantillon de plus de 48 000 salariés, représentatif de 90% de la population salariée. La production d’indicateurs du pourcentage de salariés exposés ou multi-exposés à des cancérogènes repose sur une sélection des 24 agents chimiques les plus courants, les rayonnements ionisants et le travail de nuit chez les femmes.
En France, en 2010, 12% des salariés, (soit 2 millions d’hommes et 600 000 femmes) ont été exposés à au moins une nuisance cancérogène et parmi eux 750 000 (soit 30% des exposés) avaient une double exposition (5,7% chez les hommes et 0,9% chez les femmes).

Les hommes étaient essentiellement exposés à des cancérogènes d’origine chimique, notamment parmi les ouvriers du gros œuvre du BTP, les ouvriers qualifiés de la réparation automobile, les personnels de la maintenance. Chez les ouvriers de la métallurgie, de la mécanique et du bois, les principaux agents cancérogènes étaient les émissions de moteurs diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois, les fibres réfractaires et les fumées de fonderie.

50% des femmes exposées à des substances cancérogènes travaillaient dans les secteurs de la santé et des services ; les professions concernées étaient principalement les infirmières et sages-femmes, les aides-soignantes et les autres professions paramédicales, les coiffeuses et esthéticiennes et les employées des industries du process.

Ces résultats mettent en exergue certains secteurs d’activité et familles professionnelles où existent des proportions élevées de personnes exposées, très différenciées chez les hommes et les femmes, et donc prioritaires pour y poursuivre et renforcer la prévention.

(publié le 21 septembre 2017)