Fongicides agricoles

F. Testud, C. Payen Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2016, vol.11, N°3, 16-059-E-10, 16 pp. Bibliographie
Les fongicides sont destinés à protéger les cultures des maladies végétales dues à la prolifération de champignons parasites. La France en est le plus gros consommateur européen (près de 60 000 tonnes en 2012). La vigne, qui n’occupe que 3% des surfaces cultivées, consomme à elle seule 20% des fongicides.
On distingue les fongicides minéraux, représentés par le soufre et les sels de cuivre et les composés organiques, les plus nombreux, qui sont des molécules organiques de synthèse.
Les fongicides sont pulvérisés sur les cultures après dilution dans l’eau.
Le consommateur est exposé aux fongicides par le biais des résidus alimentaires, mais sans retentissement identifié. Néanmoins, des recherches sont menées pour diminuer leur emploi.
Les fongicides appartiennent à des familles chimiques très diverses, dont les propriétés physicochimiques (qui déterminent leur toxico cinétique), les organes cibles et les mécanismes d’action toxique sont eux aussi extrêmement divers.
Globalement la toxicité des fongicides est faible. Les applicateurs se plaignent de signes locaux : irritation de la peau et des muqueuses, eczéma de contact par sensibilisation, rarement asthme. Pour la plupart des fongicides, aucun effet systémique aigu et/ou chronique n’est décrit en milieu professionnel sauf les dithiocarbamates.
Certains fongicides possèdent expérimentalement des effets CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) ou une activité de type perturbateur endocrinien, qui ne sont pas retrouvés dans les études épidémiologiques disponibles relatives au milieu professionnel agricole.
(publié le 29 novembre 2016)