Huiles essentielles et grossesse au travail

M. Vaissière, J. Escale Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2020, vol.81, n°1, pp.13-23. Références

Après une première partie précisant des notations primordiales de chimie et de toxicologie concernant les huiles essentielles (composition, toxicologie, reprotoxicité), l’article propose une étude de terrain : évaluation du risque reprotoxique pour une opératrice de ligne dans une entreprise de conditionnement d’huiles essentielles (HE) employant 27 personnes dont 15 femmes.

L’évaluation s’est appuyée sur :

  • la "synthèse des connaissances sur les huiles essentielles à partir des données toxicologiques de la littérature, des fiches de données de sécurité et de bases de données chimiques" ;
  • l’estimation du risque potentiel pour l’entreprise en accord avec la méthodologie de l’évaluation simplifiée du risque chimique en gestion graduée par niveaux de l’Institut National de recherche et de Sécurité (INRS), complétée par des "mesures atmosphériques et comparées aux valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) avec probabilité de dépassement par le logiciel Altrex" ;
  • l’évaluation proprement dite en respectant les lignes directrices de la norme Afnor FD X 50-252.

Les résultats montrent une probabilité négligeable (de moins de 0,5%) de dépassement des VME, considérée comme acceptable.
Pour un seul produit (basilic tropical), contenant de l’Estragol (ou méthylchavicol) suspect d’être reprotoxique bien que ne faisant pas partie de la liste CMR de l’INRS, il a été convenu lors de son conditionnement, d’organiser l’affectation d’une femme enceinte sur une autre ligne.

Après la restitution des conclusions à l’employeur, une information a été donnée par le binôme technicienne hygiène et sécurité/ médecin du travail, aux salariés dans l’objectif "d’ôter toute anxiété liée au risque extrêmement faible des huiles essentielles dans ces conditions pour la grossesse".

(publié le 30 septembre 2020)