"Il faut développer des tests précis pour évaluer les perturbateurs endocriniens"

P. Bouchaud interviewé par C. Catalifaud Le Quotidien du Médecin Hebdo, 2021, n°9882, p.14
Le professeur Philippe Bouchard, endocrinologue et ancien président de la Société européenne d’endocrinologie fait le point sur l’exposome (ensemble des expositions tout au long de la vie, dès la conception).
Tout un chacun est exposé toute sa vie durant, à une multitude de perturbateurs endocriniens dont les conséquences sont néfastes pour sa santé (cancers, maladies allergiques et auto-immunes, anomalies de la fertilité et de la reproduction, obésité et maladies métaboliques, pathologies pulmonaires, cardiovasculaires et troubles du développement), mais qui peuvent de surcroît produire des effets épigénétiques liés à des modifications biochimiques simples de l’ADN ou des changements dans la structure de la chromatine, qui se transmettent de génération en génération.
L’évaluation est rendue complexe par le fait que l’action des perturbateurs endocriniens commence à très faible dose et qu’elle est majorée par l’effet cocktail (accumulation des différentes substances). Il serait nécessaire "que tous les nouveaux produits commercialisés, soient testés in vitro quant à leurs capacités de perturbation hormonale".
La recherche est en marche mais il reste énormément de produits à analyser et à bannir de notre environnement, et les chercheurs manquent encore d’outils spécifiques et de tests adaptés mais beaucoup d’équipes y travaillent.
(publié le 6 avril 2021)