L’analyse isotopique du plomb : un outil utile en santé au travail en cas de multi-expositions

S-C. Maisant, A-F. Villa, J. Poupon, J. Langrand, R. Garnier Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2017, vol.78, n°2, pp. 187-193. Références
Le plomb possède quatre isotopes stables (non radioactifs) et quantifiables et le plomb primordial qui ne provient pas de la transformation d’un autre élément. Les proportions de ces isotopes varient légèrement en fonction du minerai et ne sont pas modifiées par les processus industriels, ce qui fait que la composition du produit final est identique à celle du minerai originel. Cela permet de remonter à la source et d’étudier le parcours des polluants environnementaux : il s’agit du "traçage isotopique."
En santé au travail, le médecin peut être confronté à une plombémie élevée. Il doit identifier toutes les sources potentielles d’exposition professionnelle ou environnementale, mettre en évidence les facteurs favorisant l’absorption de plomb sur le lieu de travail et faire réaliser des prélèvements atmosphériques ou surfaciques. Sur les échantillons collectés, le plomb sera dosé. Si les dosages confirment plusieurs sources potentielles, il faudra procéder à la mesure des ratios isotopiques dans le sang du salarié et dans les sources.
La détermination des rapports isotopiques des substances suspectées se fait par spectrométrie de masse. Cette technique (encore très peu utilisée en milieu professionnel) permet de séparer chaque isotope en fonction de sa masse et d’identifier la ou les sources responsables.
(publié le 13 juillet 2017)