Matériaux composites

M. Caler, M-B. Eniafe-Eveillard, B. Loddé, J-D Dewitte Encyclopédie Médico-Chirurgicale, (EMC), Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2020, vol.39, n°1, 16-541-B-30, 16 pp. Références

"Les matériaux composites sont des matériaux hétérogènes constitués d’une matrice plastique (qui joue le rôle de liant), associée à un renfort le plus souvent sous forme fibreuse ou filamentaire.
Les matrices organiques sont les plus utilisées : les résines thermoplastiques ("constituées de longues molécules linéaires, maintenues entre elles par des liaisons physiques de faible énergie") et les résines thermodurcissables ("en forme de réseaux tridimensionnels, maintenus par des liaisons chimiques de forte énergie").
Il existe aussi des matrices céramiques, des matrices métalliques, des biomatrices.
Les renforts se présentent sous forme de fibres de verre, de carbone, d’aramide, de bore, de slice, de quartz, de polyéthylène, etc..).
S’y ajoutent charges, additifs et gelcoats (couches de surface).

Les procédés de mise en œuvre de ces matériaux sont nombreux et toutes les étapes sont susceptibles d’être des sources d’exposition des travailleurs.
La très grande variété des constituants et des compositions possibles rend difficile l’approche toxicologique. Le risque peut venir de l’exposition à un produit pur ou à la toxicité intrinsèque des matériaux lors de leur mise en œuvre.
La toxicité la plus documentée concerne les effets dermatologiques. Elle est le fait des fibres (irritatives), des résines et des additifs (allergisants) : prurit, lésions érythémateuses, localisés aux mains, avant-bras et visage.

Fibres, poussières et produits volatils induisent une irritation des voies respiratoires : rhinite, toux sèche, asthme, voire pneumopathie d’hypersensibilité ou troubles obstructifs respiratoires.

Des produits de fabrication des résines époxy seraient susceptibles de diminuer la fertilité chez l’animal et d’autres auraient des effets perturbateurs endocriniens.

Certaines résines acryliques seraient neurotoxiques (atteintes périphériques et centrales), des résides polyamides seraient hépatoxiques.
Le styrène est responsable d’effets neurotoxiques.
Le suivi médical doit s’intéresser à la surveillance cutanée et muqueuse et à la surveillance pulmonaire.
Le styrène mérite une attention particulière : recherche de signes d’atteinte centrale et surveillance biométrologique (dosage du styrène urinaire, sanguin et dans l’air expiré).

Après une évaluation rigoureuse des risques, la prévention collective sera mise en place. Les équipements de protection individuelle (respiratoires ou cutanés) viendront en complément.
Les affections liées aux matériaux composites sont susceptibles d’être prises en charge au titre des maladies professionnelles (tableau 6 du régime général).

(publié le 28 septembre 2020)