Plomb et grossesse

R. Garnier Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2018, vol.79, n°2, pp.172-173. Référence

A partir du cas d’une femme enceinte exposée professionnellement au plomb, travailleuse indépendante et souhaitant continuer à travailler pendant sa grossesse, l’auteur expose les risques liés à la toxicité du plomb dans cette circonstance.
Le plomb franchit la barrière placentaire et est toxique pour le système nerveux central du fœtus et du jeune enfant. Il augmente les risques de retard de développement et de petit poids de naissance et peut être à l’origine d’avortement ou d’accouchement prématuré.
En début de grossesse, il n’y a pas d’effet tératogène du plomb aux niveaux de plombémie habituellement constatés.
Des contaminations même faibles sont suffisantes pour induire des troubles cognitifs (baisse du quotient intellectuel) dont l’importance dépendra de la plombémie pendant le 3e trimestre de la grossesse et la période périnatale.

Les futures mères seront informées du risque à laisser perdurer une exposition professionnelle au plomb pendant la grossesse. Une supplémentation en vitamine D est dangereuse en l’absence de l’arrêt d’exposition car elle augmente très sensiblement l’absorption digestive du plomb.
Des traitements chélateurs seraient efficaces mais l’innocuité de l’utilisation de ces médicaments pendant la grossesse n’est pas établie. On peut les considérer utiles en fin de grossesse car certainement moins dangereux que le plomb lui-même.
Si la plombémie de la mère est inférieure à 400 µg/l, l’allaitement maternel est possible, l’apport en plomb ne dépassant pas celui résultant d’un allaitement artificiel.
Dans la période post-natale, le risque de contamination du nourrisson dépendra surtout de l’hygiène personnelle de sa mère et d’une coupure complète entre l’espace de travail et l’espace familial.

(publié le 31 mai 2018)