Risques liés aux persulfates : (in)former et encadrer

M. Thierry-Mieg, P. Lecoq, H. Bastos Le Concours médical, 2020, vol. 142, n°1, pp. 32-34
Les usages principaux des persulfates sont la polymérisation et la fabrication des circuits imprimés et la cosmétique (produits de décoloration capillaire).
Il s’agit d’irritants et de sensibilisants cutanés et respiratoires responsables de dermatites d’irritation, et de réactions allergiques localisées ou généralisées.
Le réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) a recensé 1144 cas de pathologies en relation avec le travail et en lien avec les persulfates entre 2001 et 2015, dont près de 98% des cas concernaient des coiffeurs.
Les pathologies en lien avec le travail, liées aux persulfates sont reconnues via les tableaux 65 et 66 des maladies professionnelles du régime général de la Sécurité sociale.
Les persulfates sont concernés par le règlement Reach. Des valeurs d’exposition professionnelle existent dans plusieurs pays de l’Union Européenne mais pas en France.
Si le risque ne peut être exclu pour les clients des salons de coiffure ou pour les particuliers utilisant ces produits à leur domicile, rien n’existe vraiment pour gérer ces risques, pas plus le règlement Reach que les fiches de données de sécurité étendue, pour ces produits exemptés de surcroit, d’étiquetage selon le règlement CLP (règlement européen relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges). _ Il faut s’appuyer sur le règlement 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques qui est le cadre réglementaire le plus approprié pour gérer les risques sanitaires identifiés lors de l’utilisation des persulfates dans les produits de décoloration capillaire.
(publié le 8 juillet 2020)